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Les Noces de Figaro Mozart / Beaumarchais

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Les Noces de Figaro
Opéra
Création le 6 et 7 mai 2017 au Centre Lyrique Clermont-Auvergne 

Notes de mise en scène

Cinque…dieci…venti…trenta…trentasei…quarantatre… Les premières paroles de l’opéra …  Figaro mesure la nouvelle chambre et dessine une nouvelle géographie des lieux. Où mettre le lit ? Est-ce le début d’une nouvelle vie ? L’espace est encore vide, très ouvert, c’est une nouvelle installation, des malles, des valises, des vêtements éparpillés. Tout va changer, on prend les mesures d’un monde nouveau, d’un nouvel espace de vie, vie privée à l’abri des regards. Les cloisons sont encore mobiles, elles vont petit à petit se fixer pour donner naissance à l’intimité de la chambre, à l’espace restreint du prochain siècle, le siècle de la pudeur, des interdits, des frustrations et de la bienséance sociale. Dans cette folle journée, tout va se figer. Les rapports entre les êtres vont se durcir… La liberté appartient encore à ce jeune adolescent, Chérubin, vibrant de désir. Lui seul, par son audace, saura franchir ces nouvelles limites qui commencent à se dessiner avec force. Il peut se travestir, changer de genre, courtiser la maitresse ou la servante, il n’a pas envie de faire la guerre mais l’amour, il a encore le pouvoir de transgresser, il incarne cette jouissance, cette liberté, cette ouverture, que l’on a encore bien du mal à accepter et à concrétiser de nos jours, dans ce début de XXIème siècle régressif si loin de la fête des sens et du plaisir que Mozart voulait, par sa musique, célébrer.

L’ouverture donne le ton à l’ensemble de l’ouvrage, elle provoque un rythme cardiaque accéléré, une formidable énergie, c’est un véritable tourbillon qui sera celui de cette « Folle Journée » . Sous une apparente légèreté, il est question de désir, d’amour blessé, de douleur, de possession, de soumission de classe et de sexe, de mensonge, d’abus de pouvoir, en résumé : une exploration très inquiétante de l’ombre humaine.
Et pourtant quelle joie, quelle jubilation quelle force, quel désir d’élévation nous transmet cette œuvre qui synthétise toute la puissance « subversive » de la musique de Mozart et du texte de Beaumarchais.
Éric Perez

L'oeuvre

Crée à Vienne le 1er mai 1786, le Nozze di Figaro, inspiré du Mariage de Figaro de Beaumarchais, marque le début de la collaboration entre Mozart et le librettiste Lorenzo de Ponte, qui se poursuivra avec Don Giovanni et Cosi fan tutte.
L’œuvre est menée tambour battant et s’enrichit de péripéties qui servent à la perfection l’équilibre des quatre actes. Mais derrière l’humour et le piquant des situations, Mozart sonde les âmes et les cœurs et verse une indicible nostalgie sur ces jeux de l’amour et du hasard. Un opéra qui porte bien son nom de Folle journée, rythmé par la grâce, profond comme la vie, universel comme sait l’être Mozart.

L'histoire

Au château du comte Almaviva, Figaro, le valet du comte et Susanna, la camériste de la comtesse, préparent leurs noces. Mais le comte est bien décidé à séduire la future mariée et ne ménage pas ses avances.
Aidés de la comtesse, elle-même délaissée par son époux volage, Figaro et Susanna doivent faire preuve d’imagination, dans une intrigue pleine de rebondissements, pour déjouer les pièges du comte ; pour éviter les chausse-trapes sournoises de Marcellina qui, aidée du docteur Bartolo et du maître de musique Basilio, veut obliger Figaro à honorer un ancien contrat de mariage qu'il avait conclu avec elle ; et, enfin, pour utiliser au mieux les maladresses de Cherubino, jeune page enflammé, amoureux de toutes les femmes et en particulier de la comtesse. Rythmée par les quiproquos et les retournements de situation, cette « folle journée », ainsi que l'indique le titre original de Beaumarchais, verra s’abattre les masques un à un et mettre à nu la vérité des cœurs.

Suggestion de scénographie et de costumes

J’aimerais des décors mobiles très épurés, peu figuratifs. J’imagine au départ un lieu ouvert, vide. Figaro trace, peut être, des lignes au sol pour délimiter la chambre nuptiale. Au fur et à mesure des objets suggérant une idée d’installation : des cartons, des malles, des valises viennent envahir l’espace, cela crée une sensation de passage, d’éphémère, de lieu intermédiaire, rien n’est encore fixé, tout est provisoire, les personnages peuvent décider de partir ou peuvent être chassés. Puis les espaces se ferment, se figent, se renferment sur les personnages et plus particulièrement les femmes, peut être qu’à la fin de l’œuvre, nous avons des lieux très définis, très cloisonnés presque un labyrinthe ou un laboratoire. Le XIXème siècle va fermer les espaces.

Quant aux costumes, j’imagine également ne pas fixer l’imaginaire dans une époque précise. Peut être des éléments XVIIIème siècle viendront se mêler à des éléments contemporains. Les costumes devront donner une sensation de fluidité, de sensualité, de jeunesse et de liberté. Je désire que les corps soient très visibles, charnels. Et, peut être, au fur et à mesure des épreuves, les vêtements se ferment et emprisonnent les corps.  La pudeur s’installe et le XIXème siècle va bientôt corseter les esprits.
Éric Perez

Distribution

Création le 6 et 7 mai 2017 au Centre Lyrique Clermont-Auvergne

Production : Scène Conventionnée Théâtre et Théâtre Musical Figeac/Saint-Céré – Opéra-Eclaté
Coproduction : Opéra de Massy, Centre Lyrique Clermont-Auvergne

Presse

Jeune et séduisante, la distribution est à la hauteur des exigences scéniques.
Opéra Magazine - Jean-Marc Proust - octobre 2017


L’interprétation est parfaite dans une mise en scène qu’Éric Perez a voulue vivante, dynamique bien sûr mais aussi incroyablement charnelle et sensuelle (...) on en ressort sous le charme.
Regart’s - Nicole Bourdon - août 2017


L’on a beau faire, c’est Mozart ... et Beaumarchais, puisque des extraits de sa pièce de sa pièce Le Mariage de Figaro remplacent les récitatifs en italien de Da Ponte. À partir de l’adorable croisement de deux grands créateurs, la mise en scène signée Éric Perez fait se rencontrer le siècle des Lumières et le nôtre, avec un style simple et efficace (...) Mais le spectacle est surtout emporté par la jouvence du plateau vocal, chanteurs et surtout acteurs, à l'action souvent osée, aux élans audacieux, aux émotions urgentes. Sans prendre le texte au pied de la lettre ni suivre la partition à l'oreille tendue des sérieux mélomanes, il y a sincèrement du charme dans toutes les voix.
Anaclase - François Cavaillès - août 2017


Les principaux atouts de son travail résident dans une belle caractérisation des rôles – tels un Bartolo à la perversité inquiétante ou un Basilio vipérin et agaçant à souhait – et une direction d’acteurs fine et alerte. La scénographie allusive et sobre de Frank Aracil (praticables, lit, fauteuils, malles), les costumes classiquement XVIIIe de David Belugou et les lumières de Joël Fabing ne se contentent pas de jouer les faire-valoir mais leur symbolique vient à l’appui de la conception du metteur en scène, pour lequel le radieux libertinage du Siècle des Lumières s’apprête à laisser la place au conservatisme moral étriqué et hypocrite du XIXe: les cloisons occupent progressivement le plateau, les vêtements de la plupart des personnages se corsètent dans des teintes noires et le dernier acte, certes nocturne, se déroule dans une quasi-obscurité, y compris le lieto final, où seuls Bartolo et Marcelline conservent un regard amusé sur les autres protagonistes, alignés et moroses face au public, la Comtesse donnant la main à Chérubin et non pas au Comte, lequel se tient quant à lui aux côtés de Barberine. La «folle journée» tourne ainsi à l’amertume, sinon au drame : aux deux premiers actes turbulents et trépidants, où chacun semble livré à des obsessions licencieuses qui se déploient avec une réjouissante crudité, succèdent ainsi les deux derniers actes, plus posés, plus graves. Bref, comme toujours à Saint-Céré, on se souvient que l’opéra, c’est aussi du théâtre, ce que même certaines grandes maisons ont une fâcheuse tendance à oublier. L’impression est sans doute accentuée par la substitution aux récitatifs, d’extraits de la pièce originale de Beaumarchais: dans son écriture ciselée au millimètre, le texte claque et fuse avec une verve que plus de deux siècles n’ont en rien émoussée, même si chacun ne possède pas la même aisance dans la diction et l’expression. La partition est en revanche intégralement respectée (et chantée en italien), sous réserve des coupures d’usage au dernier acte (airs de Marcelline et Basile). (...) Comme pour La Flûte enchantée et Don Giovanni, le festival a misé sur une distribution d’une grande jeunesse et, de nouveau, le pari est gagnant.
ConcertoNet.com - Simon Corley - août 2017


« chacun incarne avec une grande justesse son personnage »
« Les voix se mêlent et se répondent, certains solos touchent au cœur »
France 3 - août 2017


Un vent de jeunesse souffle sur la création 2017 du Festival de Saint-Céré. Pour ces Noces de Figaro, Eric Perez, metteur en scène, aborde l’oeuvre de Mozart et Da Ponte avec dynamisme et fraîcheur. Il y a d’abord l’énergie des interprètes. Fidèle à l’esprit du festival qui aime découvrir et mettre en avant de jeunes talents, cette production fait la part belle à une distribution jeune (ils ont moins de trente ans pour la plupart), séduisante (dans un opéra dont un des moteurs principaux est le désir, ce n’est pas superflu) et aussi à l’aise dans le chant que dans la comédie. Il y a aussi la façon de présenter l’œuvre. À la fin des années 90, dans ce même festival, Olivier Desbordes, directeur artistique et metteur en scène, avait proposé un montage dans lequel les récitatifs chantés étaient remplacés pas le texte de la pièce de Beaumarchais, alternant ainsi scènes de comédie en français et airs en italien. C’est ce format qui est conservé (mais proposé dans une nouvelle mise en scène) permettant sans aucun doute au spectateur de suivre plus facilement l’intrigue (pour un opéra sans surtitres) et à l’artiste de déployer plus confortablement sa palette de jeu.(...) Les partis pris visuels (décors composés d’éléments en bois naturel, costumes élégants mais sobres de David Belugou) évoquent une époque sans pour autant enfermer l’œuvre dedans. Enfin, la magnifique partition de Mozart est interprétée avec délicatesse. Cette production élégante et vive sera visible en tournée au cours de la saison prochaine.
Regardencoulisse - Stéphane Ly Cuong - août 2017


Depuis La Flûte Enchantée de 2009, qui réunissait aussi une distribution de jeunes solistes, et Don Giovanni en 2013, Éric Perez offre à la musique de Mozart de beaux moments de vie et de théâtre. Pour ces Noces de Figaro (1786), il est parvenu à créer un esprit de troupe, où les interprètes sont heureux de travailler ensemble sur le plateau. Cette joie est communicative et transporte le spectateur. De plus, l’enjeu était de taille, puisque les récitatifs avaient été remplacés par des passages du texte de Beaumarchais (1784), dont s’inspire l’opéra. Le spectacle passe avec bonheur d’un genre à l’autre, du chant au théâtre parlé, dans une même énergie, tandis que l’on glisse d’un siècle à l’autre, d’un monde où tout semble encore possible, au règne de l’ordre bourgeois.
Fragil.org - Christophe Gervot - octobre 2017


Tout de blanc, le décor. Plus précisément, un blanc marbré qui accroche aussi bien la lumière, immaculée ou carmin passion, que les ombres, celles de personnage et des tourments du cœur. (...) Éric Perez, metteur en scène, écrit avoir voulu traduire «la joie, la jubilation, le désir d’élévation» des Noces de Figaro,  en somme l’immense bouilonnement des Lumières qui ébranla l’Europe puis le Mond. De fait, il rend à l’œuvre pétillante et virevoltante de Mozart ce que l’empereur d’Autriche avait censuré : l’insolence subversive des mots de Beaumarchais. C’est tant mieux pour le public qui profite des dialogues en français dans toute leur saveur. Mozart aussi, génie juvénile, pourrait être content. La distribution puise grandement dans la génération montante de la scène lyrique française qui peut être fière de sa pépinière. Tout feu, tout flamme, la jeune garde est excellente comédienne avec ça. Double effet de fraîcheur garanti dans le souffle de voix pures et justes. Ajoutons un choix de costumes volontairement trans-siècles et même trans-genres pour au moins le personnage de Chérubin, et voilà que l’alchimie fonctionne au point de faire avaler sans broncher les quiproquos, farces et badineries tout de même bien datés de ces Noces. Pour la suite du message encodé par Éric Perez, on a bien compris que les forces de l’amour, à peine délivrées des chaînes aristos vont se retrouver cosetées tout au long d’un interminable XIXème siècle finalement fondu dans le chaudron de 1914.
La Dépêche - 10 août 2017

Contacts diffusion

diffusion@opera-eclate.com
06 40 71 56 02
Où voir ce spectacle ?

Théâtre de Cahors
  • samedi 29 avril 2017 - 20h30
Centre Lyrique Clermont-Auvergne
  • samedi 06 mai 2017 - 20h00
  • dimanche 07 mai 2017 - 20h00
Théâtre André Malraux, Rueil Malmaison
  • samedi 25 novembre 2017 - 20h00
La Colonne, Miramas
  • dimanche 03 décembre 2017 - 16h00
Théâtre André Malraux, Gagny
  • vendredi 26 janvier 2018 - 20h45
Salle Alizé, Muret
  • dimanche 28 janvier 2018 - 15h00
Les bords de Scènes, Juvisy
  • samedi 03 février 2018 - 20h30
Les Théâtres de Maisons Alfort, Maisons Alfort
  • samedi 10 février 2018 - 20h00
La Grande Scène, Le Chesnay
  • jeudi 15 février 2018 - 20h30
Opéra de Massy
  • jeudi 13 décembre 2018
  • vendredi 14 décembre 2018
  • dimanche 16 décembre 2018
Informations

Informations techniques
10 solistes et 2 versions possibles avec 17 musiciens ou avec quintette/piano
Durée 3h15 avec entracte

© 2013 Opéra Eclaté - Création Pixbulle